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Eoliennes : les associations tirent la sonnette
d'alarme La bataille des éoliennes se poursuit. Alors que députés et sénateurs s'opposent sur les conditions de délivrance des permis de construire, les asso ciations de protection des pay- sages dénoncent la « prolifération anarchique des éoliennes qui massacre la France ». « On livre nos paysages à l'éo lien, sans directive ni réglemen tation claires », tempête Paule Albrechf, présidente de la So ciété pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France(SPPEF) qui, rejointe par 150 associations, a décidé d'alerter les hommes politiques et les pouvoirs publics. «Une éo lienne de 120 mètres de haut, c'est un immeuble de 40 étages installé en pleine campagne, ce sont 400 tonnes de béton en fouies dans le sol à jamais. Or il va s'en construire plusieurs mil liers dans les années à venir. "Les associations reprochent aux promoteurs des éoliennes une absence totale de transpa- rence : " La plupart travaillent de façon souterraine, sans consulter les élus, en proposant des contrats à la limite de l'es croquerie, en menant des en quêtes publiques bidon, regrette François Moutot, le maire de Thoiry (Yvelines), au cur d'une région objet de toutes les convoitises Des exemples d'opacité, les élus en trouvent à foison
: « On a appris par la presse l'existence : d'un projet d'implantation
de 16 éoliennes de 145 mètres dans notre région,
renchérit le conseiller municipal d'un village d'Eure-et-Loir.
Le maire avait tout manigancé dans notre dos. Tout ça est
Une histoire de gros sous : l'énergie éolienne rap porte
trois fois plus que l'électricité. L'arrêté
Cochet de juin 2001, un cadeau consenti aux Verts par le gouvernement
socialiste, a fixé le prix du kilowattheure à 55 centimes
de franc pendant les cinq premières années. Un investissement
juteux qui incite les promoteurs à convaincre les maires et les
agriculteurs à accepter sur leurs terrains des forêts de
moulins à vent modernes. « De nombreux exploitants agricoles
se laissent tenter par les sommes offertes pour la lo cation de leurs
champs .153 000 euros pour 20 éoliennes, sans réaliser que
ces implantations détruisent les sous-sols, explique Hélène
de Vaumas, chargée des questions agricoles à l'association
Vent de colère de l'Eure. II existe des alternatives comme les
biocar burants, mais ceux-ci sont taxés et les agriculteurs qui
souhai tent les développer ne reçoivent aucune aide. L'éolien
industriel est une imposture écologique car il fonctionne un quart
du temps. Quand il y a trop de vent ou pas assez, on fait marcher les
centrales thermiques qui contri buent à l'augmentation des gaz
à effet de serre.Les associations de défense du patrimoine
réclament que les permis de construire des futures éoliennes
soient délivrés par les préfets et non par les maires
comme le prévoit le projet sur l'énergie adopté en
première lecture par les députés. Ils souhaitent
que l'installation des pylones soit soumise à la même réglementation
que celle des installations classées. Ils exigent enfin l'abrogation
de l'arrêté Cochet et l'obligation, pour les pro moteurs,
de démanteler les ins tallations en fin d'exploitation.
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