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.La cour d'appel de Rennes ordonne l'arrêt nocturne immédiat
des huit éoliennes de Cast-Plomodiern. «Une reconnaissance
de nos souffrances», estiment les riverains. Mais la mise
à exécution ne verra peut-être jamais le jour.
La centaine d'adhérents que revendique l'association pour
la protection de Menez Kelec'h et de Saint-Gildas, ainsi que la
douzaine de familles voisines, complétant le rang des plaignants,
s'attendent à retrouver des nuits plus paisibles.
«Dépassements intolérables»
La cour d'appel de Rennes ordonnne la suspension de la rotation
des pales, de 22h à 7h du matin. Un jugement prononcé
le 1erdécembre, suite à l'appel de Nordex d'une ordonnance
de référé du TGI de Quimper du 7mai, contestant
l'obligation de «remise en état du fonctionnement...
des récepteurs télé des riverains»! Élément
étonnant d'une affaire bien embrouillée. Assigné
en tant que garantie des deux exploitants (Jacques Trellu et Émile
Bihan) à qui il a vendu les éoliennes de Saint-Gildas,
Nordex cherchait aussi probablement (1) à être mis
hors de cause au niveau des «dépassements acoustiques
intolérables des machines». Me Béatrice Jacquet,
avocate des riverains, fait référence aux deux rapports
de cabinets «obtenus cet été en sous-préfecture».
Suffisamment éloquent pour que la cour d'appel zappe la question
des trois télés à réparer pour se brancher
prioritairement sur celle du maintien en programme continu. «Il
ressort des études acoustiques que les exigences réglementaires
sont respectées de jour, mais pas de nuit», constate
la cour d'appel, pour motiver son arrêté d'interruption
de 22h à 7h. Et ça commence quand? «L'arrêt
est exécutoire à la date du délibéré»,
rappelle Me Jacquet.
Elles tournent toujours!
Sauf que les riverains qui se seront penchés à leur
fenêtre cette nuit pour goûter au spectacle des éoliennes
figées en prendront un coup au moral: «Je ne peux pas
arrêter une machine qui n'existe plus!», observe Jacques
Trellu, exploitant de quatre des huit mâts. Holà, il
faut un décodeur: «L'étude acoustique que retient
la cour d'appel a été réalisée avant
que je mette mes éoliennes aux normes. J'ai changé
toute la mécanique en début d'année. De nouvelles
études d'impact prouvent leur efficacité», se
défend-t-il. Pourquoi ne pas avoir présenté
ces documents à la cour? «Mais parce que personne ne
me les a réclamés. Pas même Nordex à
qui je n'ai pas non plus demandé de faire appel. C'est tellement
débile que personne ne comprend rien. Pour ma part, mes avocats
vont déposer une demande en référé.
En cinq minutes, ma situation est régularisée»,
envisage-t-il. Les riverains qui pensaient détenir une première
victoire modéreront peut-être leur enthousiasme.
(1) Le service juridique de Nordex n'a pas répondu à
nos sollicitations et Émile Bihan, exploitant des quatre
autres éoliennes de Saint-Gildas, ne fera «pas de commentaire
avant réception de la notificationde la cour d'appel».
Yann Le Gall
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