|
PROJET DE PARC EOLIEN SUR LA COMMUNE DE.......
Le constat de situation sonore réalisé
par l'entreprise
. suscite un certain nombre de
remarques.
Bien que l'entreprise
. expose les méthodes
et conditions de mesure sur lesquelles elle s'est appuyée
pour élaborer le constat de situation sonore dans le respect
des normes en vigueur, cela ne peut suffire à convaincre
de la pertinence des résultats obtenus, lesquels selon elle,
conduisent à un constat positif en faveur de l'installation
d'un parc éolien sur la commune.
En effet, certains points sont contestables
1 Les normes auxquelles se réfère l'entreprise
ont été élaborées pour des situations
et des sources de bruit sans commune mesure en termes de dimension
et de puissance avec les aérogénérateurs actuels.
C'est pourquoi, les résultats exposés dans le constat
de situation sonore laissent le lecteur averti dans une grande perplexité.
II est urgent de mettre en place une législation mieux adaptée
à de telles machines, qui tienne largement compte de l'avis
des citoyens déjà exposés à de telles
nuisances sonores et de celui également des citoyens qui
se trouveraient potentiellement concernés par des projets
d'implantation et qui auraient été largement et précisément
informés des nuisances auxquelles ils pourraient être
exposés. Une information honnête et explicative doit
être faite en direction des populations concernées
par de tels projets, sans masquer aucun des aspects des phénomènes
engendrés par le fonctionnement d'un aérogénérateur
de grande puissance
- nuisances acoustiques relatives au domaine du spectre audible
(20 à 20000 Hz environ). ? nuisances causées par les
basses fréquences et les infrasons dont on sait que de telles
structures en sont aussi la source.
- nuisances dues aux phénomènes transitoires (démarrage,
changement d'allure et adaptation aérodynamique des aérogénérateurs,
passage d'une pale au droit du mât, décrochage, fluctuations
et variations brusques de vitesse du vent, etc ...), autant d'aspects
dont il n'est pas réellement tenu compte dans l'étude.
-Les mesures acoustiques qui sont exprimées sous forme de
niveau sonore global <s Leq " (pour : Level Equivalent per
time T), lequel traduit en principe la gêne auditive correspondant
au produit de la pression auditive par sa durée, sont à
considérer avec beaucoup de prudence et de circonspection
quant à leur interprétation. Il s'agit d'une grandeur
qui traduit un niveau acoustique continu équivalent perçu
pendant un temps donné. II ne donne donc pas une idée
juste des nuisances sonores résultant de fluctuations et
de phénomènes transitoires (exemple : passage d'une
pale au droit du mât), engendrés par un aérogénérateur.
D'autre part, les mesures acoustiques exposées sont exprimées
en niveau sonore global Leq en dB(A) et elles sont pondérées
dans le domaine des fréquences audibles avec une pondération
de type A, figure 1, ci?après, courbe A, ce quia pour effet
d'atténuer de façon très importante les niveaux
sonores dans le domaine des basses fréquences. Il serait
préférable de rendre compte des mesures acoustiques
en appliquant une pondération de type C (figure 1). laquelle
ne masquerait pas le domaine fréquentiel considéré,
qui est largement couvert par les éoliennes. Il faut en effet
remarquer que les ondes sonores de basses fréquences (25
à 150 Hz) se propagent plus loin et avec moins d'atténuation
que les fréquences plus élevées du spectre
audible. Elles ne sont que très peu arrêtées
par les obstacles naturels, traversent les parois des habitations,
y subissent des réflexions multiples, puisque leur longueur
d'onde est du même ordre de grandeur que les espaces concernés
Il faut ajouter à cela que la sensibilité physiologique
de l'oreille est telle qu'il existe, pour chaque fréquence,
un " seuil d'audibilité " et un " seuil de
douleur ". Des courbes très caractéristiques
(figure 2), ont été établies par FLETCHER et
MUNSON (*). On peut remarquer que lorsque la fréquence diminue
l'écart entre le seuil d'audibilité et le seuil de
douleur diminue très fortement.
Les organismes qui ont en charge les problèmes de santé
aussi bien en Europe qu'aux Etats Unis et au Japon se préoccupent
des effets nocifs des basses fréquences et des infrasons
et de nombreuses études ont déjà fait état
d'affections spécifiques et notamment neurologiques
-3)Les mesures de niveaux sonores ont été réalisées
pour des vitesses du vent au sol ne dépassant pas 5 m/s (dispositions
réglementaires). De ce fait, les mesures de la vitesse du
vent effectuées à 10 mètres de hauteur et qui
étaient telles que la vitesse au sol au même instant
se trouvait être supérieure à 5 m/s, ont été
jugées inexploitables. Or, une éolienne démarre
lorsque le vent atteint 5m/s et décroche lorsqu'elle atteint
20m/s. Cette situation a conduit les techniciens chargés
de faire les mesures, à procéder à une extrapolation
des résultats pour des vitesses supérieures â
5m/s et à 10 mètres de hauteur en appliquant une loi
de régression linéaire. ce qui n'est pas nécessairement
pertinent.
4-Pour vérifier l'adéquation entre les objectifs acoustiques
imposés par la réglementation et les " mesures
" effectuées, l'entreprise doit en l'absence d'aérogénérateurs
installés sur le site, procéder à des extrapolations
par combinaisons des mesures effectuées sur le terrain et
des résultats d'une modélisation des machines. Or,
le public ne dispose ni des modèles, ni des codes de calcul,
ni bien souvent des compétences nécessaires pour pouvoir
juger valablement de la pertinence des modèles choisis. A
cet égard, il serait indispensable de connaître le
détail des calculs de simulation qui ont conduits l'entreprise
aux résultats exposés dans un tableau à la
page 20 du constat de situation sonore, ainsi que de leur extrapolation
aux résultats exposés dans les tableaux des pages
22 et 23, lesquels bien évidemment ont été
jugés très favorables au projet d'implantation d'éoliennes
sur la commune de Courvaudon.
L'ensemble de ces points rend contestable une telle étude
et les conclusions qui en sont tirées. Le public concerné
devrait pouvoir faire connaître son point de vue. Pour cela,
il faut ménager le temps nécessaire à l'établissement
d'une contre?expertise, effectuée par des spécialistes
choisis par ce même public, de telle sorte qu'en regard d'un
document qui se donne les apparences de la pertinence on ne puisse
opposer au public que de n'exciper de sa bonne foi.
(*) Doc. BRÜEL & KJAER
|