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Cent cinquante à deux cents personnes ont défilé
dans les rues de la ville pour protester contre les projets d'implantation
en Basse-Normandie.
« Vous avez une éolienne près de chez vous
? Moi, depuis huit jours, avec le vent et le bruit des pales,
je n'ai pas dormi une minute. J'ai 72 ans et ça ne m'était
jamais arrivé. » Auguste Dupont, qui habite Saint-Pierre-d'Arthéglise
dans la Manche, était parmi les 150 à 200 manifestants
qui ont défilé samedi après-midi dans les
rues de Cherbourg, sous la bannière de Basse-Normandie
environnement, collectif de 18 associations antiéoliennes
de la région.
Le cortège s'est arrêté devant la permanence
du député UMP local le temps d'un dialogue virulent.
L'élu était au coeur de la colère des antiéoliennes,
lui qui a apporté son soutien à un projet dans une
autre commune du nord-Cotentin. « L'implantation d'un site
éolien au Mesnil-au-Val, a expliqué Jean Lemière
entre les huées, est la seule solution de développement
économique de cette petite commune. » Après
de longues discussions, le député obtiendra tout
de même l'approbation quand il affirme « que la solution
aux problèmes d'énergie, c'est le développement
de notre parc nucléaire, les économies d'énergie,
la biomasse, etc. »
Après avoir rencontré le sous-préfet de Cherbourg
pour lui exposer leurs griefs, les manifestants estimaient hier
avoir rempli leur objectif. « Nous voulions faire comprendre
à ceux qu'on a rencontrés, souligne Hervé
Texier, secrétaire général du collectif et
porte-parole, notamment les citadins qui ne l'imaginent pas, les
problèmes que rencontrent les riverains d'éoliennes.
» Les opposants, très remontés, estiment également
que les éoliennes produisent une électricité
qui revient « très cher au consommateur (trois fois
plus que la production électrique actuelle), qu'elle absorbe
la grande majorité des investissements publics au détriment
des formes d'énergie renouvelable ». Et qu'elles
ne contribuent pas à la diminution des émissions
de CO2 dans l'atmosphère « puisque leur production
électrique intermittente nécessitera la remise en
route ou la création de nouvelles centrales thermiques
pour combler les creux de production éoliens ».
Gérald LEROUVREUR.
Ouest-France
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