Les espoirs se sont envolés et aujourdhui « plus
personne ne se fait dillusions sur ces réalisations
» déclare Mathias Hochstätter, lobbyiste de lassociation
fédérale de lénergie éolienne.
Le programme lancé en Allemagne dans les années 90
sur léolien offshore a toutes les chances d être
abandonné, les industriels jugeant les financements bien
en dessous des besoins. Il faut se rappeler quà laube
du XXIe siècle tous les experts en énergie, les entrepreneurs
et les politiques avaient rêvé de cette source dénergie
propre et intarissable devant être produite par des milliers
déoliennes plantées en mer du Nord et en mer
Baltique. Avec laide de la puissance et de la constance du
vent maritime, elles auraient permis à lAllemagne de
produire suffisamment délectricité pour mettre
fin à ses importations, tout en éradiquant les arguments
denlaidissement des paysages et de nuisance sonore souvent
imputés à ces « asperges géantes »
comme les surnomment les Allemands. Les autorités compétentes
ont délivré des permis de construire sur 24 sites
de la mer du Nord et 8 sur la mer Baltique, mais il risque de rester
sans suite.
Des projets solides pourtant prêts
Le parc éolien de Borkum, (une île en mer du Nord),
avait été choisi comme site pilote en vue de tester
la fiabilité de lénergie éolienne en
haute mer. La responsabilité du projet devait être
supportée en partenariat par la fondation « offshore
Windernergie », les partenaires ministériels concernés,
les grands groupes énergétiques ainsi que les entreprises
de construction déoliennes. Aujourdhui, rien
de concret na encore vu le jour. Pire sans doute, sur le
site Internet de la fondation la page « activités
» est vide, ce qui dénote de létat de
la branche offshore en Allemagne. Les tiroirs de lentreprise
de développement et de financement de parcs éoliens,
(WDP), regorgent de projets, comme celui de bâtir un parc
en mer Baltique de 299 turbines dune puissance égale
à 1500 Mégawatts, ce qui en aurait fait le plus
grand parc offshore du monde.
La participation financière du gouvernement allemand rédhibitoire
Pour les investisseurs, laide que propose le gouvernement
fédéral allemand nest pas suffisante. Alors
quen France et au Royaume Uni le kilowatt heure de lénergie
éolienne est doté dune subvention de 13 centimes,
(14 à 16 pour les Pays-Bas), assortie davantages
fiscaux, lAllemagne ne propose que 9 centimes sans autre
aide complémentaire. Parallèlement, les exigences
allemandes en matière de protection de la nature imposent
que les éoliennes soient suffisamment loin des côtes
de manière à ce quon ne les voit pas. Autant
de contraintes qui ramènent les coûts de construction
dune éolienne en haute mer à 10 millions deuros,
le double de ce que la même installation coûte à
lintérieur du pays. E.ON, le plus grand groupe énergétique
allemand se trouve déjà impliqué dans des
projets de constructions en mer dans dautres pays européens
et ne franchira le pas dans son propre pays que si le gouvernement
fédéral modifie le taux de rémunération
de lélectricité produite en mer. Ce nest
quà ce prix que le rêve éolien allemand
pourra se réaliser.