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Les éoliennes, une autre pomme de discorde du Grenelle
de l'environnement
AFP 16.04.08 | 09h24
l'instar des OGM, le développement de l'éolien,
qui figure parmi les objectifs du Grenelle de l'environnement,
déchaîne les passions et suscite la polémique
entre partisans et adversaires de cette technologie. Les anti-éoliennes
estiment qu'elles défigurent inutilement le paysage, que
les décisions d'installation sont prises dans l'opacité
et que derrière tout cela, il y a une affaire de gros sous.
Leurs défenseurs font valoir les bienfaits écologiques
de cette énergie renouvelable et ses retombées économiques
positives. "L'éolien se substitue à d'autres
sources d'énergie émettrices de gaz à effet
de serre" (GES), responsables du dérèglement
climatique, comme le charbon, le pétrole ou le gaz, a souligné
mardi Jean-Yves Grandidier, porte-parole de France énergie
éolienne, du Syndicat des énergies renouvelables
(SER). L'éolien va aider la France à atteindre ses
objectifs de réduire de 20% ses émissions de GES
et porter sa part d'énergies renouvelables à 23%
de sa consommation d'énergie d'ici 2020, a-t-il plaidé
lors d'un débat contradictoire organisé par l'association
des Journalistes-écrivains pour la nature et l'écologie.
Le Grenelle de l'environnement vise l'installation de 8.000 éoliennes
en France d'ici 2020 contre environ 2.000 actuellement. A cette
échéance, l'éolien représenterait
ainsi 10% de notre consommation électrique, selon le SER.
Pour Cédric de Saint Jouan, vice-président de France
énergie éolienne, "l'éolien est le noyau
dur du Grenelle, ne pas le soutenir revient à ne pas soutenir
le Grenelle". Mais les associations de défense des
paysages déplorent avoir "été exclues
du Grenelle de l'environnement". "C'est le Syndicat
des énergies renouvelables qui fait la loi", s'est
indigné Jean-Louis Butré, président de la
Fédération environnement durable. "L'éolien
c'est une affaire d'argent. Les trois quart des maires veulent
des éoliennes pour récupérer la taxe professionnelle",
s'est insurgé Robert Werner, administrateur de la Société
pour la protection des paysages et de l'esthétique de la
France. "Il y a des démarcheurs qui appellent les
maires. L'éolien industriel, on le met n'importe où.
Sur 10 permis déposés, il y en a 6 devant les tribunaux.
Il faut arrêter le mitage du paysage", s'est-il indigné.
Les éoliennes devront être installées "prioritairement
sur les friches industrielles, et loin des sites emblématiques",
avait déclaré le président Nicolas Sarkozy
dans son discours de conclusion du Grenelle le 25 octobre. Chaque
décision d'installation d'éolienne est précédée
d'une enquête publique préalable, fait valoir Cédric
de Saint Jouan. Des enquêtes "opaques", selon
Robert Werner. "Il faudrait des référendums
populaires", a renchéri Jean-Louis Butré. "On
est dans un système où l'argent peut tout corrompre",
a-t-il dénoncé, estimant que "le lobby de l'éolien
est dix fois plus fort que Monsanto". Le SER fait valoir
le poids économique de la filière: "l'éolien
c'est 5.000 emplois directs actuellement et 60.000 d'ici 2020,
2 milliards d'euros aujourd'hui et 13 milliards d'activités
générées en 2020", selon Jean-Yves Grandidier.
Si la carte des projets d'éoliennes évite l'Aquitaine
et la Côte d'Azur, c'est parce que "les régions
riches sont protégées. Les propriétaires
des grands vins de Bordeaux ne veulent pas d'éoliennes
chez eux", assure Jean-Louis Butré. Pour le porte-parole
de France énergie éolienne, c'est tout simplement
parce que "ce sont des régions où il n'y a
pas de vent".
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